21 ans et plus… ou moins

21 ans et plus... ou moins

Image: alexmillos – Fotolia.com

Aux États-Unis, la minorité a drôle de mine. Pas facile d’être mineur ici. Tous les jours, les mineurs doivent inexorablement s’enfoncer dans les sombres méandres d’innombrables labyrinthes juridiques, aux murs suintant de perles législatives généralement incompréhensibles.

En termes humains, cela signifie que la jeunesse américaine doit constamment consulter la liste de ses droits et obligations selon qu’elle désire conduire une voiture, aller voter, griller une cigarette ou boire un verre d’alcool.

Le cas de l’alcool

Mine de rien, j’ai analysé divers problèmes auxquels fait face cette minorité nullement silencieuse. Notamment le problème relié à l’alcool.

Comment se fait-il que l’âge légal pour consommer de l’alcool soit fixé à 21 ans dans tous les États américains? Pourquoi 21? Pourquoi pas 20? Ou 19? Ou même 18, comme dans plusieurs pays du monde? Sur quelle base houblonnière ou vinicole fut établi cet âge minimum?

Tous savent que les hormones s’activent de folichonne façon entre 18 et 21 ans. La poussée hormonale de ces apprentis adultes est d’ailleurs en parfaite harmonie avec celle de l’acné juvénile et de la gêne envers le sexe opposé.

Pourquoi ne pas permettre à l’alcool de remplir une certaine vocation médicamenteuse, avec prescription renouvelable hebdomadairement sans ordonnance légale?

L’alcool à tout prix

Les bars exigent une carte d’identité des garçons à la frimousse impubère et des filles au maquillage débordant. Certains faussaires en herbe réussissent à franchir le périmètre de sécurité surveillé par des gorilles à la mine patibulaire.

D’autres se tournent vers les liquor stores où certains préposés, complices ou aveugles, font fi de la prohibition d’une mine tout à fait intéressée.

D’autres encore préfèrent boire à la maison, sous l’approbation silencieuse de parents susceptibles d’être poursuivis en justice si un accident d’automobile découle de leur aveuglement volontaire.

Problèmes reliés à l’alcool

Cette interdiction faite aux moins de 21 ans cause de graves problèmes aux États-Unis, notamment sur les campus universitaires. Il y a même une liste annuelle des universités aux prises avec d’importants problèmes d’alcool parmi leurs étudiants. Tout près de chez moi, l’Université du Delaware a déjà fait partie des dix pires universités du pays à ce chapitre. Et le pays en compte près de 5,000. Triste record…

Le problème de l’alcool chez les jeunes se répercute à plusieurs niveaux: bruit nocturne, vandalisme, bagarres, agressions. Et c’est sans compter les accidents, souvent mortels, découlant du mélange explosif de l’alcool et du volant. À cet égard, la tolérance judiciaire n’existe tout simplement pas.

Bizarre…

Malgré tout, c’est bizarre.

Bizarre que le législateur considère les jeunes assez matures pour conduire une voiture à 16 ans mais pas assez pour boire un verre d’alcool avant 21 ans.

Bizarre que ce même législateur les considère assez matures pour voter à 18 ans mais pas assez pour socialiser dans un débit de boisson avant 21 ans.

Faudrait quand même pas miner la confiance de ces adultes en devenir. Encore moins détourner ces mineurs de l’objectif immuable de l’émancipation.

Faudrait peut-être leur apprendre aujourd’hui à devenir les adultes de demain.

Conclusion

Bref, je cesse d’avoir sombre mine et vous expose tout de go ma compréhension de cette gradation législative vers la majorité en sol américain:

  • À 16 ans, les jeunes Américains peuvent commencer à conduire un véhicule automobile.
  • À 18 ans, ils peuvent aller voter en voiture, confiants de bouleverser l’ordre politique établi.
  • À 21 ans, ils peuvent conduire jusqu’au débit de boisson le plus près afin d’y noyer leur peine, ayant finalement compris qu’en politique, plus ça change, plus c’est pareil…

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Au sujet de Vincent Allard (26 articles)

Vincent Allard est un avocat spécialisé en droit des affaires. Après avoir émigré aux États-Unis en 1999, il a fondé CorpoMax, qui offre des services de création de société aux USA et dépôt de marque aux USA. Le blog et le podcast CorpoMax lui permettent de partager son expérience américaine et celle de ses milliers de clients, généralement avec une touche d'humour. Il favorise un échange fructueux avec tous ses lecteurs et auditeurs.