Piscine et barbecue

Piscine et barbecue

Image: Steve Young – Fotolia

C’est un dimanche d’été. Il fait beau et chaud. Très chaud même. Une chaleur torride. Des amis québécois, installés au Delaware, nous ont invités à passer la journée avec eux. Programme épuisant en perspective: piscine et barbecue!

Trouver leur maison n’est pas particulièrement difficile. Dans un nouveau quartier de maisons de luxe (style cottage, garage double, immense terrain, etc.), une seule possède une piscine: celle de nos amis! Étrange…

Piscine

Au Delaware, il n’y a que très peu de piscines creusées et à peu près pas de piscines hors-terre.

Je demande à un Américain la raison de cet état de chose:

« Il y a deux principaux motifs. Tout d’abord, la température. Ici, les gens considèrent qu’il fait trop froid pour utiliser une piscine. »

Trop froid? Je peux comprendre qu’ils aient froid pendant l’été: nuit et jour, ils vivent dans un environnement démesurément climatisé. Mais dehors… La semaine, au retour du travail, les gens entrent leur voiture dans le garage et se dépêchent de quitter l’habitacle mobile pour pénétrer dans l’habitacle résidentiel, tous deux climatisés. La fin de semaine, ils ne sont à l’extérieur que vingt minutes, juste le temps requis pour couper leur gazon.

Deuxième motif? « Les gens craignent que l’enfant d’un voisin ne se noie dans leur piscine. »

Ce motif est sans aucun doute le plus important. La crainte de poursuites judiciaires met un frein à tout désir d’avoir une source extérieure de rafraîchissement (à part le boyau d’arrosage). Ici, la vie d’un enfant a un prix, que les tribunaux fixent à un niveau que vous ne pouvez même pas imaginer. Bien que les gens bénéficient d’une couverture d’assurance-responsabilité, ils ne veulent courir aucun risque. D’autre part, ça doit être insupportable d’être à la fois les parents d’un enfant décédé par noyade et les voisins des propriétaires de la piscine meurtrière.

Moi qui ai eu une piscine pendant 10 ans au Québec, je décide de ne pas en avoir ici…

Barbecue

Après une bonne baignade et quelques bières canadiennes, l’heure du souper approche. Notre ami commence donc à préparer l’outil culinaire par excellence de tout banlieusard qui se respecte: le barbecue. Hamburgers et hot-dogs deviennent rapidement la proie de flammes habilement contrôlées par notre hôte.

Je remarque alors que ses voisins immédiats n’ont pas de barbecue sur leur galerie arrière. Notre ami m’informe de cette particularité:

« Ici, les gens gardent leur barbecue dans le garage. Lorsqu’ils veulent l’utiliser, ils le roulent jusqu’à l’entrée du garage, font cuire les aliments et ramènent le barbecue au fond du garage quand ils ont fini. »

Je suis étonné. Généralement la cuisine est située dans la partie arrière de la maison, avec accès direct à la galerie et aux meubles qui l’agrémentent. Il serait donc logique que le barbecue soit situé à proximité.

Notre ami ignore toutefois pourquoi ses voisins agissent ainsi. Je suis intrigué. Remarquez que cela ne change pas le goût des deux hamburgers que je déguste!

Quelques semaines plus tard, je rencontre un serrurier et lui parle justement de cet étrange état de fait. Sa réponse est immédiate: « Les gens ne veulent pas se faire voler leur barbecue. »

Sécurité

Imaginez mon choc! Moi qui, durant au moins 15 ans au Québec, ai laissé mon barbecue dehors durant tout l’été, sans cadenas, système d’alarme, caméra cachée ou chien de garde. Quel inconscient étais-je?

Je prévois donc faire installer très bientôt un système de surveillance électronique de mon barbecue, avec lien direct à une centrale de surveillance, qui pourra m’avertir jour et nuit, grâce à mon téléphone mobile, s’il arrive quelque chose à ce précieux bien. Je songe également à faire appel à un service de géolocalisation (GPS), qui pourra retracer sans difficulté mon barbecue n’importe où dans le monde, en cas de vol.

Tout ça me coûtera sans doute plus de 1,000 $. Mais au moins, je pourrai dormir en paix, sachant que mon barbecue âgé de 15 ans, payé 200$ à l’origine, est désormais à l’épreuve des voleurs.

 

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Au sujet de Vincent Allard (38 articles)

Vincent Allard est un avocat spécialisé en droit des affaires. Après avoir émigré aux États-Unis en 1999, il a fondé CorpoMax, qui offre des services de création de société aux USA et dépôt de marque aux USA. Le blog et le podcast CorpoMax lui permettent de partager son expérience américaine et celle de ses milliers de clients, généralement avec une touche d'humour. Il favorise un échange fructueux avec tous ses lecteurs et auditeurs.


  • Patrick Tabountchikoff

    L’humour Québécois, un vrai régal, en plus on apprend plein de choses très utiles.
    Vous êtes un vrai pédagogue! ne changer rien ! 🙂

  • Pascal Fromager

    Personnellement, j’utilise un Barbecue en ciment, avec la petite cheminée, Esthétiquement c’est pas trop vilain et çà pèse son poids ; aucun risque de vol. Il fonctionne au Charbon de bois, mode combustion des plus primitif, je reconnais 🙂

    Merci de vos nouvelles du Delaware

  • daniel beaulieu

    J aime bien lire ces blogs !

  • YAKOON GROUP LLC

    En ce qui me concerne, je trouve l’humour québécois super j’apprécie beaucoup
    continuez et bonne chance a vous .

  • Daniel Paquette

    J’aime bien lire les articles
    de votre blog que je reçois de temps à autre. En passant, durant mes 30 années
    comme policier, j’ai pris un sapré paquet de plaintes pour des vols de Bar-B-Q.
    Je peux vous assurer que, tout comme les américains, le mien était toujours au fond
    de mon garage.

    En passant, vous devriez songer sérieusement à
    écrire un livre sur tes constatations au sujet des coutumes américaines. Ce
    serait sûrement très intéressant. Tout spécialement pour ceux et celles
    qui songent à s’installer un jour aux USA.

    Continuez à nous renseigner de la sorte, c’est vraiment
    bon.

    Daniel Paquette

    • Intéressant de constater que certaines perceptions ne sont pas si locales que ça… Merci pour vos bons mots! Lorsque j’aurai écrit 500 blogs, je songerai sérieusement à publier un livre. Je publie un blog 2 fois par mois (le 1er et le 15) et àce jour, 15 blogs ont été publiés. Il en reste donc 485 à publier. Cela représente environ 20 ans. J’aurai alors 76 ans. Donc, encore assez jeune pour écrire un livre 😉

  • Patrick Fidry

    Franchement, um barbecue pour y cuire des hamburguers et des hot dogs…alors que vous avez du bétail à n’en plus finir et la possibilité d’y cuire d’excellents morceaux de viande. Personnellement, je me laisserais voler mon barbecue et j’irais dans un bon restaurant. 🙂